Les Petits États insulaires en développement (PEID) occupent une place particulière dans les politiques internationales de conservation. Les îles abritent une biodiversité souvent exceptionnelle, marquée par un fort endémisme, mais aussi par une grande vulnérabilité face aux pressions humaines, au changement climatique, à la dégradation des terres et aux espèces invasives. La Convention sur la diversité biologique rappelle que les écosystèmes insulaires figurent parmi les priorités mondiales de conservation et souligne que les îles sont à la fois des espaces de grande richesse biologique et des territoires particulièrement exposés aux perturbations. (Convention on Biological Diversity)
Dans ce contexte, le champ école d’agroforesterie constitue une approche particulièrement pertinente. Inspiré du modèle des Farmer Field Schools, il repose sur l’apprentissage pratique, l’expérimentation en conditions réelles, l’observation des agroécosystèmes et la prise de décision collective par les producteurs. Selon la FAO, ce type d’école de terrain permet aux communautés de développer leurs capacités d’analyse, d’expérimenter des solutions adaptées au contexte local et d’améliorer durablement leurs systèmes de production. Aujourd’hui, cette approche est mise en œuvre dans plus de 90 pays et touche chaque année entre 400 000 et 1 million de producteurs, éleveurs et pêcheurs, ce qui montre sa robustesse comme outil de transformation locale. (FAOHome)
en effet, L’agroforesterie apporte des bénéfices directs à la biodiversité. Les références techniques de la FAO indiquent que, lorsqu’ils sont bien conçus et bien gérés, les systèmes agroforestiers contribuent à la conservation de la biodiversité, à l’adaptation climatique et à la restauration des terres dégradées. Les arbres associés aux cultures et, parfois, à l’élevage, fournissent de multiples services écosystémiques: amélioration de la fertilité des sols, réduction de l’érosion, meilleure conservation de l’eau, limitation des ravageurs, stockage du carbone et protection des bassins versants. D’autres travaux soutenus par la FAO soulignent également que les arbres dans les systèmes agroforestiers soutiennent la biodiversité végétale et animale tout en renforçant la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ainsi, le champ école d’agroforesterie aide les producteurs à comprendre que la biodiversité n’est pas une contrainte à l’agriculture, mais une condition de sa durabilité. (FAOHome)
Au-delà des bénéfices écologiques, le champ école d’agroforesterie renforce les capacités sociales et institutionnelles nécessaires à la conservation. ceci dit que les écoles de terrain favorisent l’autonomisation des agriculteurs, la cohésion sociale et l’apprentissage collectif autour de la gestion régénératrice des ressources naturelles.

Pour les Comores, où les moyens techniques et humains sont souvent limités, cette dimension est essentielle: former des producteurs capables d’observer, d’analyser et de diffuser des pratiques adaptées est souvent plus durable qu’une simple distribution de techniques toutes faites. (ONG AIPEC)
En définitive, le champ école d’agroforesterie représente bien plus qu’un outil de vulgarisation agricole. Aux Comores, il constitue un levier stratégique pour concilier conservation de la biodiversité, résilience climatique, sécurité alimentaire et autonomisation des communautés rurales. En favorisant des systèmes de production fondés sur les arbres, la diversité biologique, l’apprentissage collectif et la gestion intégrée des paysages, il répond directement aux défis structurels des îles.
En conclusion, investir dans les champs écoles d’agroforesterie revient donc à investir simultanément dans la santé des écosystèmes, dans les moyens d’existence des populations et dans la durabilité des territoires insulaires.
Écrit par
Aipec
Contributeur chez AIPEC